Ri Chol: Nouveau ministre des affaires étrangères en Corée du Nord

Comme je l’ai dis auparavant: Ri-chol est toujours vivant. Mieux: pour preuve, il  (en rouge) a été nommé comme nouveau ministre des affaires étrangères, il remplace Pak Ui-chun. Ci-contre des informations biographiques.

RC

Date et lieu de naissance

1940, lieu de naissance inconnu.

Postes Actuels

Ministre des Affaires Etrangères ; Probablement conseiller économique de Kim Jong-eun; gestionnaire d’investissements en Corée du Nord notamment concernant le nord-est de la RPDC; membre Permanent, CC PTC ; procurateur Général ; vice-directeur, département de l’Organisation et de la Direction, CC PTC. Directeur adjoint, Comité Central d’Emissions ; vice-directeur, JVIC ; vice Directeur, fédération des chrétiens de RPDC.

Education

Ecole Primaire Révolutionnaire Mangyongdae Université Kim Il-sung et probablement université de Moscou.

Carrière

Avril 2014 : ministre des affaires étrangères

2012 : retour en Corée d’où il gère des investissements étrangers.

1988: ambassadeur de la RPDC en Suisse.

Fin 1980: conseiller politique à l’ambassade de la RPDC à Genève (Suisse). Représentant permanent de la RPDC.

Septembre 1980 : directeur du SP de Kim Jong-il.

1974 : directeur du Protocole Diplomatique au MAE.

1972 : employé, MAE.

Famille

Ri Il-hyok : fils, lié au groupe Ponghwajo (groupe torche)

Commentaire personnel

Ri-chol est un homme politique nord-coréen qui connait la réalité économique du monde occidental. En effet il a résidé en Suisse entre 1980 et 2012 où il était en contact avec de nombreux hommes d’affaires occidentaux. Ri-chol parle aussi parfaitement français et anglais. Ri-chol possède pour pseudo Ri Su-yong. Membre honoraire de la famille des Kims (sous le nom de Kim Su-yong) qui gérait certains des comptes de Kim Jong-il.

Une chaine de pharmacies étend ses activités en Corée du Nord

Un Joint Venture (Pyongsu Pharma) entre la Corée du Nord et la Suisse va ouvrir la premiére chaine de pharmacie en Corée du Nord. Le premier magasin sera situè à Phyongsong dans la province de Phyongsan sud. Lancé en 2004, ce JV géré par Parazelsus et Pyongyang Pharmaceutical Factory (dépendante du Ministére de la Santé nord-coréen), celui-ci a déjà ouvert 9 magasins dans la ville de Pyongyang. Depuis aout la ville de Phyonsong est ouverte aux touristes étrangers.

Felix Abt, Suisse et homme d’affaires gérait des affaires commerciales pharmaceutiques en Corée du Nord. Ses périples sont disponibles dans le livre „Un capitaliste en Corée du Nord”

Pour les lecteurs potentiels, le livre est disponible à la vente ici

Un capitaliste en Corée du Nord

Les medias publient sans cesse des textes relatifs à la misère (qui hélas existée et est bel et bien présente) en Corée du Nord, à l’économie étatique (pas si étatique que cela) ou aux droits de l’homme. Oui ces sujets sont cruciaux, ous ces sujets existent néanmoins quoi qu’un certain nombre de personnes en Corée du Nord soient emprisonnées plus ou moins justement (ou plutôt moins), on ne peut pas oublier que la société nord-coréenne se compose aussi de 22 millions d’habitants qui aspirent à vivre ou à s’adapter à la réalité socio-économique qui les entourent.

Abt

Cette société de nord-coréens qui n’habitent pas à Pyongyang mais aussi dans d’autres villes consomment des produits, à des loisirs ou regardent des comiques dans les medias nord-coréens. Bien sur, tous n’ont pas accès aux medias, tous n’ont pas la télévision mais tous disposent de sensations universelles telle la faim ou la volonté de se faire plaisir. Pour répondre aux besoins de cette population, longtemps le système nord-coréen pensait qu’il y arriverait seul au nom de son idéologie prônant l’autosuffisance – l’idéologie Juche.(Cette idée d’indépendance est tirée du nationalisme coréen qui a pour sa source une histoire difficile (en outre une lourde occupation japonaise)).

Malgré leur témérité, et face aux problèmes économiques, les nord-coréens ont compris que seuls ils n’y arriveront pas et que le système doit change (bien qu’officielles les medias refusaient il y a peu encore de l’admettre). C’est pourquoi, nous pouvons le dire : la Corée du Nord s’ouvre, timidement, mais surement. Timidement car l’ouverture ne concerne que certains secteurs et certaines régions.

Surement (et martelons-le : surement) car depuis 20 ans. Comment vérifier cela ?

Comme source d’inspiration (notamment pour nos amis journalistes qui proposent une image injuste de la Corée du Nord) et de reflexions, je propose la lecture de A Capitalist in North Korea, un e-book preparé par Felix Abt. un homme d’affaire Suisse qui via la société technologique suisse ABB s’est occupée de la gestion de sa filiale en Corée du Nord.

Pour en revenir au premier paragraphe de notre analyse, cet ouvrage démontre que la societe nord-coréenne s’ouvre à plusieurs vitesses. Felix Abt évoque (en tant qu’ancien directeur d’une societe de produits pharmaceutiques) les problemes dans le cadre de la gestion d’une société nord-coréenne, comment les nord-correens vivent au jour le jour (en parlant de la vie de ses employés) ainsi que des défis de la société nord-coréenne. De cette ouvrage ressortent les conclusions que j ai evoquées au second paragraphe : une société qui s’ouvre timidement mais surement.

Le deuxieme sujet crucial (et la seconde conclusion) travaillé par Felix Abt concerne le probleme des sanctions internationales vis à vis de la Corée du Nord. Tout comme l’auteur, je considere que celles-ci doivent concerner certaines catégories de biens et non des produits utiles à la production de bien de premiere necessité. En effet les sanctions de l’ONU ne pénalisent pas vraiment la cible pretendue (certaines élites) mais surtout la societe nord-coreenne. L’ouvrage de Felix Abt le demontre concretement et nous invite à une redefinition de ces punitions. Qui faut-il sanctionner et commencer mettre en place avec efficacite ces sanctions ? Cette question demeure neammoins sans reponses.

Felix Abt parle ouvertement de ce qui change en Corée du Nord. Il souligne aussi que les élites nord-coreennes demandent à se former, c’est pourquoi la question de l’education des futurs élites nord-coréennes est evoquée notamment dans le cadre de la Pyongyang Business School. C’est un sujet qui me tient fortement à coeur, dans la mesure oú moi-même je suis chargé de cours pour des étudiants népalais en Pologne ou je leur enseigne des modules economiques. Tout comme Felix, éduquer la génération des futurs leaders sert de clé de voute à la construction d’un monde plus juste et meilleur.

Pour en revenir au climat des affaires, l’auteur souligne que la Chine investit beaucoup en Corée du Nord et que les sociétés chinoises (plutôt sino-coréennes) réussissent sur ce marché périlleux. Citant l’auteur ou plutôt un rapport utilisé par Felix Abt, il évoque la profitabilité de ces sociétés « In a survey carries out by the U.S. scholars Stephan Haggard and Marcus Noland in 2007 of 250 Chinese business operating in North Korea, 88% said they were turning out profits.” Est-ce un appel à investir en Corée du Nord ? Selon moi oui mais la réponse se fera sentir d’elle-même.

Ces memoires, comme chaque traité, possède certaines limites et certains manques : des sujets ne sont pas évoqués telle la situation des droits de l’homme ou la question des refugies nord-coréens en Chine, ce qui peut gêner certaines personnes au caractère plus humaniste où des personnes qui ne voient la Corée du Nord que par l’image de ces deux sujets. Il faut cependant admettre qu’en se focalisant sur ces deux questions, on aurait alors la fâcheuse tendance à oublier le reste. Ce fameux « reste » est quant à lui presenté de manière prompte et audacieuse par notre confrere helvétique.

Pour les lecteurs potentiels, le livre est disponible à la vente ici