Nouvelles coupes de cheveux en Corée du Nord ? Info ou intox ?

Dernièrement la télévision polonaise m’a interviewé concernant la question des nouvelles coupes de cheveux obligatoires en Corée du Nord. Le film est disponible ici

Quelle est la signification de la démission/abdication de Jang Song Thaek ?

Depuis le décès du leader nord-coréen Kim Jong Il en décembre 2011, de nombreux analystes cherchent à savoir quel sera le futur de la Corée du Nord. Ce futur passe par des personnes clés du régime nord-coréen et par leur vision que celles-ci ont de la Corée du Nord dans les années à venir. L’une de ces personnalités est Jang Song Thaek. Celui-ci est né en 1946 et a longtemps été considéré comme le numéro deux du régime nord-coréen (des éléments biographiques sont disponibles ici). Après des études en Union Soviétique et en Corée du Nord, Jang Sung Thaek a travaillé au sein des jeunesses kimilsungiennes, au sein du PTC (et tout particulièrement dans le département de la Propagande et de l’Agitation) et depuis 2007, il semblerait être le directeur du département du CC PTC de l’Administration et dispose d’une ribambelle d’autres postes (liste non-exhaustive disponible ici). Depuis 2009, il est cadre au sein de la Commission de Défense Nationale. Les médias sud-coréens affirment que celui-ci aurait été démis de ses fonctions au sein de la CDN. Cependant est-ce important du point de vue de la compréhension du régime nord-coréen ? C’est à cette question que je souhaiterais apporter des lueurs de réponses.

Bien qu’ayant été évincé de la CDN, Jang Sung Thaek conserve ses autres postes. Il est notamment secrétaire du PTC, responsable d’investissements en Corée du Nord et sa famille est très haut placée dans les structures économiques du Pays. C’est pourquoi d’un point de vue politique, pour réduire la puissance de Jang Sung Thaek, il aurait été plus judicieux de l’évincer de plusieurs structures politiques ou alors c’est peut être la stratégie du petit à petit qui est appliquée ? Mystère et boule de gomme ici…

jst imageJang Sung Thaek (source: chosun.com)

Je pense également que les journalistes se focalisent trop sur le rôle de Jang au sein de la CDN. Bien que cette structure soit encore importante (surtout après les modifications apportées à la Constitution de 2009 et 2010), cette structure joue un rôle de moins en moins prépondérant dans les structures politiques du pays notamment avec l’avènement de la Commission Centrale Militaire du Parti, une nouvelle organisation visant à accroitre le pouvoir du PTC dans les structures de l’Armée nord-coréenne.

Si Jang Sung Thaek a été réellement évincé du système, alors cela signifie que personne ne peut se sentir en sécurité en Corée du Nord. Personnellement je continue de croire que Jang Sung Thaek a perdu son rang au sein de la CDN en raison de son nombre de postes. Kim Jong Eun, ou d’autres personnes, ont probablement considéré que Jang Song Thaek ne peut pas avoir autant de postes et d’où il a du abdiquer de l’un d’entre eux. De facto, je considère que Jang Song Thaek, ainsi que ses proches collaborateurs continueront de jouer un rôle clé en Corée du Nord.

Evénement à la SOAS de Londres

C’est avec une joie non-contenue que je souhaiterais vous convier le 15 novembre à 17 heures à la SOAS (School of Oriental and African Studies) de Londres dans le cadre de laquelle je présenterais un exposé consacré à l’impact des militaires dans l’économie nord-coréenne. Le lien à l’événement est disponible ici

Corée du Nord 1 Chine 1

D’une part Kim Jong-eun s’est entretenu avec le président mongol Tsakhia Elbegdorj (tout en évitant toute conférence officielle), d’autre part les autorités de propagande nordcoréennes se sont fait le plaisir de souligner le rôle de la Chine dans le sanglant conflit avec la Corée du Sud afin de montrer que Pékin reste un allié proche de Pyongyang.

Au final la visite du président mongol en Corée du Nord a eu pour but de montrer que non seulement la Corée du Nord cherche de nouveaux alliés mais que d’autres part la politique militaire de la Corée du Nord n’infléchit pas: en effet les dignitaires mongols et nord-coréens ont eu tout particuliérement l’occasion de regarder des défilés militaires.

Il me semblerait que la Corée du Nord s’ouvre politiquement tout en restant principalement axé sur des partenaires asiatiques (du moins du point de vue politique), ece qui concerne les questions économiques, la coopération entre la Corée du Nord et des pays étrangers, elle ne se limite pas à l‘Asie.

Le président mongol s’est rendu en Corée du Nord

Le président mongol Tsakhiagiin Elbegdorj s’est rendu en Corée du Nord dans le cadre d’une visite officielle entre le 25 et le 29 octobre 2013. Lors de celle-ci, il a eu l’occasion de rencontrer Kim Jong Eun, le leader nord-coréen, ainsi que certains membres de la famille des Kims, donc Kim Jong Suk, réputée pour être ouverte aux changements économiques en Corée du Nord. Cette femme est responsable des relations avec le monde extérieur au sein du PTC. Elle a également signé un accord de coopération dans le cadre du tourisme avec Luvsanvandan Bold, ministre mongol.

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Tsakhiagiin Elbegdorj (au centre de la photo)

Quant à Ri Ryong Nam, ministre nord-coréen du commerce extérieur c’est avec Khaltmaa Battulga, ministre mongol de l’agriculture qu’il a signé un accord. Jong Song Jang, proche de la famille des Kims a signé un accord avec Manibadrakh Ganbold, l’ambassadeur mongol en RPDC relatif à un partenariat en informatique.

Est-ce la voie à suivre pour s’assurer du développement de la Corée du Nord. Pour cela nous serons dans l’obligation d’observer les résultats tangibles de la coopération entre ces deux pays.

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De gauche à droite : Kim Jong Suk et Pak Kil Yong (proche des Kims, officier du MAE de la RPDC). En train de signer le contrat en question : Ri Ryong Nam

Nouveau livre…new book…새 책

Je vous invite à la lecture de mon nouvel ouvrage relatif à la Corée du Nord oú sont étudiés tout particulièrement le systéme politique nord-coréen ainsi que les élites qui y jouent un rôle majeur. Le livre est publié en langue polonaise et est publié aux éditions ASKON.

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The education of North Korean via the organization of the Choson Exchange [SECOND PART]

  1. The selection of students

Andray Abrahamian reminded me about the fact those European scholars who are welcoming North-Koreans students are sometimes more interested in speaking about the Juche Ideology than in getting a top-level education. However, and based upon his affirmation, North-Koreans students who are studying in Beijing are always at the top of their classes: therefore where is the problem? In order to identify and to avoid the issue I presented earlier, a right selection has to be performed. Choson Exchange is conducting and is generally pleased with the quality of our candidates. The candidates are generally under the age of 30. They’re able to talk in English and come mainly from Pyongyang. Given the high costs of full-length academic programs and the limited number of people “Choson Exchange” is able to invest its funds in only the “best and brightest persons.”

  1. Outlining its realizations

Choson Exchange realized various programs for North Koreans students. Some North-Koreans were sent to Singapore (Singapore is a place which was always favored by the North-Koreans leadership- Kim Il Sung wanted to create a second Singapore within North Korea).

, China and other parts of the world where they had an access to tutors and fellow who educate the young North Koreans in the following fields:

– Fiscal Optimization (Adjustments and optimizations in Fiscal Operations in the FDI field);

– Banking Institutions (cooperation with foreign entities, development of joint ventures, laws debriefing, development of a legal context for FDI in North Korea);

– Corporate Finance (Income Statements, calculation of some ratios…)

– Accounting (Balance Sheet, Assets, Ratios calculations…)

According to some documents provided by the Choson Exchange, we can notice that the faculty of finances of the Kim Il Sung University which is existing in North Korea since only 2010, is providing some bright students.

  1. Problems of the Choson Exchange:

The Choson Exchange is facing a large number of issues concerning the realization of its problems. However a big asset lying on their hands is the fact, that the management team of this organization is still the same since a few years and believes in the future of the project. Therefore these proactive people (I think especially to Andray Abrahamian and Geoffrey See – other cannot be omitted) will be able to cope with this challenge especially taking in account the harsh reality of North Korea.

Considering education institutions, Choson Exchange members noticed that foreign books, research journals are not used by academics and scholars[1].  Some foreign journals are available, however there are or old, either not actual. Due to a lack of funds, North-Koreans libraries are accepting foreign donations (in terms of books).

There is also a lack of transparence concerning the information. Concerning the Curriculum of some professors, Choson Exchange had no access to this kind of information. Professors and scholars are publishing, however mainly on internal economical education publications[2].  Some interesting related to the new North-Koreans economy can be found in these kinds of North-Koreans journals.

  1. Possible grounds for the development of the project

Choson exchange is also lacking some funds which may guarantee the viability of the project. This organization is functioning thanks to funds which are coming from various sources. Being not affiliated to the Choson Exchange, I strongly however encourage investing in the activities of the Choson Exchange.

Conclusion

While it is important to help the future North Korean elites, however, I believe it’s ever more important to pursue the formation of a new North Korean elite group. Those can be educated by organizations such as Choson Exchange. I also guess that Choson Exchange should develop its wonderful initiatives inside North Korea because potential elites such as intellectuals who were educated in North Korea know well about the reality of the country, but they face a lot of obstacles in learning modern knowledge. It is an important issue because North-Koreans higher-education reforms will affect not only the future of North-Koreans elites but also the future of the rest of the country and of the society who will get a profit of the situation.

Keywords: North Korea, Education, Reunification, Nation-Building, Trust, Cooperation, China, South Korea, Choson Exchange, Banking Institutions, Geoffrey See, Andray Abrahamian, Daesong Bank, JVIC, Choe Thae Bok, Elites, Kim family

Nicolas Levi

Nicolas Levi is a researcher at the Polish Academy of Sciences and an analyst on Korean Issues at the Poland Asia Research Center (www.polska-azja.pl). Holding a PhD regarding the North-Koreans leadership, his personal website (nkreports.wordpress.com) focuses on North Korea issues. Member of the Réseau Asie et Pacifique (a French association focused on Asian issues). He has overseen the publications of a wide range of analyses. Prestented to the public through media outlets including the British Association of Korean Studies, DailyNK.com, Foreign Policy, New Focus International, Newsweek Polska,…


[1] In 2007, I had the pleasure and the occasion to be in North Korea at the National Library. When I was presented some foreign journals and books, this literature was published in the 70’s and was originally coming from the Soviet Union. The North Korean libraries are receiving books from Foreign Institutions on a regular basis; however these books are being kept away and are only used by selected students and scholars. These “selected students” are generally, but not always, directly connected to the top North-Koreans leadership.

[2]According to Dr Curtis Melvin (nkeconomicwatch.com) “Thompson Reuters, a rating agency of scientific findings, announced NK has published 187 papers in reputable science journals between 2000 and 2012. Reviewing the publication history, from 2000 to 2006 NK scientists annually published articles abroad totaling in the single digits–except in 2004. However, Reuters reports that since 2007 that the annual average has increased to 28 publications per year. Of the publications in these foreign journals, 77.5% (or 145) of the publications were joint-research with foreign researchers. Of these joint-research projects, 61.4% (or 89) publications were with the Chinese. This is followed by Germans (27 publications), Australians (9 publications), South Korean (8 publications), American (7 publications) and Japan (5 publications). The reporting agency claims that the reason why so few NK research was published in international academic journals is that NK lack the appropriate English (communication or writing; it’s not specific) skills.” This text was published in http://www.nkeconwatch.com on the 25th May 2012. North-Koreans scholars should be also encouraged to publish abroad via foreign scholars. I’m actually trying to run this kind of projects.