WPK Central Committee Secretary Meets Delegation of European Politicians

Kim Yong Il, secretary of the Central Committee of the Workers’ Party of Korea (WPK), had a friendly talk with the visiting delegation of politicians from various political parties of Europe headed by Chief Executive Officer of Inter Mediate Jonathan Powell, former Downing Street Chief of Staff to Prime Minister Tony Blair, on Tuesday [Please remark the underlining of the connexion to Tony Blair].

Present there were Vice Department Director Pak Kun Gwang and other officials of the C.C., the WPK, Dr. Franz von Daeniken, board director of the Swiss Drossos Fund and former state secretary of the Ministry of Foreign Affairs of Switzerland, Wolfgang M. Nowak from the Social Democratic Party of Germany, spokesman of the executive board of the International Forum of Deutsche Bank and former director-general at the German Federal Chancellery, Par Nuder from the Social Democratic Party of Sweden, chairman of the board of the Third Swedish National Pension Fund and former minister for finance of Sweden, Edmond Alphandery from the Union of People’s Movement of France, president of French CNP International Insurance Company and former minister of economy of France, and other members of the delegation

Kim Yong Il is the member of the Kim family who is responsible for foreign relations. He’s reputated to be highly intelligent and to have a fine knowledge of the western world. Kim Yong Il is also a specialist of Japanese-North Korean relations. He visited several times Japan.

Edmond Alphandery is a famous French politician with a high knowledge on economics. He managed also several companies in France. Edmond Alphandery is especially known for his optimism.

Nouveau leadership et nouveaux défis en Corée du Nord ?

Depuis le décès de Kim Jong-il en décembre 2011, il semblerait d’une part qu’apparaissent à la tête de la Corée du Nord de nouvelles personnalités qui ne soient pas issus des anciennes structures phares du système nord-coréen. D’autre part du point de vue du dossier économique, l’armée nord-coréenne qui était à la tête de nombreuses sociétés des secteurs des matières premières et du domaine de l’infrastructure publique en Corée du Nord s’est vu transférée ses richesses (entre autre minières et agricoles) par certaines organisations affiliées au Parti du Travail Coréen (le parti communiste nord-coréen). En d’autres termes, des sociétés gérées par des structures militaires sont dorénavant sous le contrôle de structures affiliées au Parti (le Ministère du Commerce International, le Ministère des Affaires Etrangères, le Second Comité Economique…).

En effet, l’armée ne constitue pas uniquement une force militaire, il s’agit également du premier employeur de la Corée du Nord. Etant donné la forte implication des structures militaires dans la vie politique et économique en Corée du Nord depuis sa création en 1948, l’armée est devenue par la même une organisation clé du système nord-coréen.

Un monument à la gloire de Kim Il Sung, le fondateur de la Corée du Nord (© 2010 / N. Levi)
Un monument à la gloire de Kim Il Sung, le fondateur de la Corée du Nord
(© 2010 / N. Levi)

Les années passant, de nouvelles organisations paramilitaires ont été crées en Corée du Nord (citons entre autre la Garde des Paysans Travailleurs Rouges créée en 1959) afin que l’armée en elle-même se reconcentre autour de ses actions militaires. Depuis le milieu des années 90, la famille des Kims (c’est-à-dire la famille biologique de Kim Jong-eun, le numéro un de la Corée du Nord) s’est de plus en plus opposée au rôle économique de l’Armée. C’est ainsi que se sont vu renforcées les fonctions économiques du Parti du Travail Coréen par la création d’organisations hybrides à la fois militaire et liées au Parti (par exemple le second Comité Economique, une sorte de ministère des Affaires Economiques militaires ou la Commission de Défense Nationale, une organisation militaire qui est cependant gérée conjointement par le Parti et par l’armée nord-coréenne). Au final nous avons donc l’armée qui continue de gérer certaines structures économiques stratégiques, les organisations paramilitaires qui gèrent des structures de second ordre et le Parti qui tente de prendre le contrôle de structures gérées par les organisations militaires. Le Parti (et tout particulièrement certaines cellules) cherche à prendre le contrôle de ses structures économiques car l’Armée a des priorités qui divergent de celle du Parti. L’armée continue d’être considérée comme une organisation conservatrice tandis que les cellules évoquées ci-dessous sont sensiblement plus ouvertes à des changements économiques en Corée du Nord et ses responsables se considèrent comme étant de meilleurs gestionnaires de sociétés que les représentants militaires aux affaires économiques.

Les changements dont il est question semblent être orchestrés par la famille des Kims, famille de ceux qui règnent sur la Corée du Nord depuis 1948, année de la création de ce pays. En effet les structures du Parti qui s’occupent de la gestion d’actifs qui étaient à l’origine militaire sont gérées par des membres du clan des Kims (Paek Se-bong, le directeur du Second Comité Economique est un cousin germain de Kim Jong-eun, Kim Yong-chun, le directeur de la Garde des Paysans Travailleurs Rouges est le grand oncle de Kim Jong-eun,…). Tout cela semble donc démontrer que quelque soit l’année ou l’époque, c’est la famille des Kims qui dispose du vrai pouvoir en Corée du Nord.

Pourquoi les Kims ? Il faut indiquer ici que dans les années 40, Joseph Staline, le dictateur soviétique a personnellement décidé que la Corée devrait être sous administration soviétique, en effet il savait que les américains avaient le même type de prétentions. C’est ainsi que Staline décida qu’un certain nord-coréen du nom de Kim Song-ju (il se donnera dans les années 40 le patronyme de Kim Il-sung) serait le représentant de Moscou dans la Péninsule Coréenne. Ce même Kim Il-sung encouragea ensuite Mao et Staline à attaquer la Corée du Sud qui était sous occupation américaine. C’est au final un conflit sanglant qui éclata entre les deux Corées entre 1950 et 1953 durant lequel périrent plus de 2 millions de personnes. Aucune des deux Corée ne gagna cette guerre et en juillet 1953 un armistice fut signé.

A la mort de Staline, Kim Il-sung observant la scène internationale et notamment le XXème congrès du Parti Communiste Soviétique de 1956,  remarqua que le successeur de Staline, Nikita Khrouchtchev avait critiqué avec virulence la politique de son prédécesseur. Mauvais présage, sans doute pour un homme qui avait été « choisi » par Staline lui-même. Il fallait donc alors mettre en place une autre stratégie pour demeurer au pouvoir en Corée du Nord et Kim Il Sung décida de  mettre en place un autre système de loyauté, un système interne à la Corée du Nord qui s’appuiera désormais sur les liens du sang et le clan de la famille Kim

C’est pourquoi dès le début des années 60, les membres de la famille des Kims furent nommés  en masse à des postes clés du système nord-coréen (Kim Jong-ju, le frère cadet de Kim Il-sung a notamment été responsable dans les années 60 du Département de la Propagande et de l’Agitation du Parti, Kim Sung-ae, la femme de Kim Il-sung, était dans les années 70 la première secrétaire de la Fédération Démocratique des Femmes nord-coréennes,…). Après le décès de Kim Il-sung en 1994,  le fils de Kim Il Sung, Kim Jong Il  a pris la tête de la Corée du Nord Kim Jong-il et suite à sa mort en 2011, c’est son fils Kim Jong-eun qui le remplaça. La famille des Kim continue donc de jouer sans discontinuer un rôle clé au sein de toutes les structures  de l’état socialiste depuis 1948.

Statue de Kim Il Sung (© 2010 / N. Levi)
Statue de Kim Il Sung
(© 2010 / N. Levi)

La Corée du Nord, depuis sa création jusqu’en 1990, a bénéficié d’une aide internationale importante des pays du bloc de l’Est au premier chef l’Union Soviétique  qui ont participé activement à sa reconstruction : de nombreux techniciens polonais, tchécoslovaques, hongrois sont allés en Corée du Nord tandis que de nombreux orphelins de Corée du Nord sont allés vivre en Allemagne de l’Est et en Pologne.

Dans un tel contexte international, les décisions clés de la famille des Kims a présidé au destin de la population nord-coréenne. En effet, un soutien constant du bloc soviétique et de la Chine a permis à la Corée du Nord d’éviter toutes les réformes pouvant mettre en péril la stabilité du régime nord-coréen et ont maintenu ainsi l’aile conservatrice de la famille des Kims (sous la houlette de Kim Jong-il) à la tête de ce pays.

La chute du Mur de Berlin en 1989 puis la chute de l’Union Soviétique en 1991 ont entrainé l’arrêt du soutien économique provenant du Bloc Soviétique à la Corée du Nord. Les conséquences furent terribles: famine (plus de 3 millions de morts selon des rapports nord-coréens divulgués au grand public), crise énergétique,…

La période allant de 1995 à nos jours a été par contre synonyme de changements structurels et organisationnels en Corée du Nord avec à la clé des changements au sein des élites nord-coréennes. Certes, ce sont toujours les membres de la famille des Kims qui sont à la tête des principales structures politiques, économiques et militaires de la Corée du Nord, néanmoins, il semblerait que l’aile “libérale” de la famille prenne les principales décisions politiques au sens large et non l’aile conservatrice. Celle-ci se compose de conseillers qui ont été approuvés par Kim Jong-il et par le jeune leader Kim Jong-eun. Ces conseillers sont des hommes politiques, des hommes d’affaires qui sont qualifiés comme étant loyaux à la famille des Kims. Il s’agit également de membres de la famille biologique de Kim Jong-eun, le leader nord-coréen. Ils ont effectué des études à l’étranger, gèrent des sociétés et disposent de solides relations avec l’Armée Populaire de la Corée du Nord.

Parmi les membres de ce “conseil d’administration” de la Corée du Nord, citons entre autre les personnalités de Ri Su-yong, le précepteur de Kim Jong-eun lorsque celui-ci était en Suisse et dorénavant responsable pour un certain nombre d’investissements en Corée du Nord (notamment dans le cadre du complexe hôtelier des Monts Kumgang (Monts de diamants), Kim Sung-nam, le conseiller de Kim Jong-eun qui s’occupe tout particulièrement de tout ce qui concerne les relations entre la Corée du Nord et la Chine, Kim Sol-song, la sœur ainée de Kim Jong-eun, qui est conjointement responsable avec les frères  millionnaires Jon (Sung-hun etYoung-hun) de certaines sociétés nord-coréennes du secteur des transports et de l’approvisionnement de produits de grande consommation (voitures, etc.). La liste complète est beaucoup plus longue et comporte de nombreux autres membres de la famille des Kims qui n’habitent pas forcément en Corée du Nord (comme Kim Jong-nam, le fils ainé de Kim Jong-il qui continue de gérer les comptes de la famille des Kims).

L'Assemblée populaire suprême nord-coréenne (l'équivalent de l'Assemblée nationale française) (© 2010 / N. Levi)
L’Assemblée populaire suprême nord-coréenne
(l’équivalent de l’Assemblée nationale française)
(© 2010 / N. Levi)

L’avènement de cette aile libérale suite aux problèmes de santé du défunt Kim Jong-il a entrainé des changements radicaux dans le système nord-coréen. Depuis l’avènement de Kim Jong-il, les militaires ont perdu une grande partie de leurs capacités décisionnelles. Ceux-ci aussi se sont vus obligés de transmettre les entités économiques qui étaient  jusqu’à là sous leur contrôle des organisations affiliées au PTC. Se pose alors la question suivante : Est-ce que la réorganisation de ces structures (qui constituaient 70% des capacités économiques de la Corée du Nord) peut entrainer des changements politico-sociaux en Corée du Nord ? L’aile libérale de la famille des Kims sait que pour éviter toute instabilité, elle se doit de gratifier les militaires qui étaient à la tête de sociétés économiques importantes en Corée du Nord (comme par exemple les mines) ou de divisions militaires stratégiques (comme celles qui sont proches des frontières avec la Chine et la Corée du Sud). Kim Jong-eun leurs donne ainsi chaque année des « cadeaux » (sous la forme de voitures, de devises étrangères, de meubles Made in Europe – certaines élites nord-coréennes ont des maisons dont tous les produits sont autrichiens !) qui assurent la pérennité de la nouvelle relation entre l’armée et le Parti. Cela illustre le degré de corruption  croissant au plus haut niveau des éléments décisionnels en Corée du Nord et peut ainsi conduire à des changements plus radicaux ultérieurs auxquelles l’aile libérale ne pourrait faire face. En effet comment savoir si les généraux nord-coréens accepteront à long-terme de perdre leur pouvoir en échange de « cadeaux » somptueux ? Ces même généraux sont ils convaincus que Kim Jong-eun les maintiendra en vie ? L’histoire récente ne leurs donne-t-elle pas raison : Ri Yong-ho, Kim Jong-gak et Hyon Chol-hae des anciens leaders de l’armée nord-coréenne ont tout simplement été démis de leurs fonctions prestigieuses au sein de l’Armée : à qui donc le tour ?

A titre de revanche, il semblerait que le suivant sur la liste qui sera écarté n’est d’autre qu’un proche de Kim Jong-Un : Jang Sung-thaek. Pour des raisons obscures (Jang Sung-thaek aurait menacé et remis en doute le pouvoir de Kim Jong-eun), cet homme politique nord-coréen a perdu en fin novembre 2013 son poste de directeur au sein de la Commission de Défense Nationale suite à des désaccords avec des militaires nord-coréens et fut fusillé après un procès express le 13 décembre 2013. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de cet évènement mais s’il s’avère exact que Jang Sung-thaek ait été exécuté, cela signifierait que d’une part personne ne peut se sentir en sécurité en Corée du Nord et que d’autre part la famille des Kims dispose d’une part du pouvoir moins importante que dans le passé dans la mesure où ce serait l’armée qui serait responsable de l’éviction de Jang Sung-thaek. Il est également probable que l’éviction de Jang Sung-thaek ait été due à des conflits qui ne soient pas directement dus à des factions militaires opposées. En effet depuis quelques années, bien que la famille des Kims continue de dominer la scène politique, d’autres familles (des ramifications de la famille des Kims) ont vu leurs rôles s’accroitre au sein des dernières années : citons entre-autre la famille de Kang Sok-ju (un vice premier ministre nord-coréen dont les enfants gèrent des sociétés en Corée du Nord), la famille d’Oh Kuk-ryol (un militaire dont les enfants travaillent dans des sociétés d’import-export entre la Chine et la Corée du Nord). Ce sont donc peut-être des disputes avec ces familles qui sont à l’origine de l’éviction de Jang Sung-thaek ?

En ce qui concerne le dossier nucléaire cher aux organisations militaires nord-coréennes, celui-ci est dorénavant géré par un groupe d’hommes politiques issus du PTC mais disposant de certaines connaissances militaires. Ce groupe de personnalités (Kim Kyong-ok, Ju Kyu-jang, Pak Do-chun, Choe Ryong-hae) constitue le fer de lance décisionnel concernant la question atomique et ce sont eux qui devraient prendre directement part aux négociations nucléaires avec,  entre autre, les Etats-Unis. Ce qui reste ici pertinent, c’est le fait que ces négociations (si on peut les qualifier de telles) sont pour l’instant menée du point de vue nord-coréen par des personnalités qui sont plus ou moins issues de la famille des Kims. Je pense ici tout particulièrement à  Ri Gun, Kim Kye-kwan et Ri Yong-ho. Tous sans exception étaient des proches de la famille des Kims.

Un monument à la gloire de l'idéologie nord-coréenne : le 'juche' (© 2010 / N. Levi)
Un monument à la gloire de l’idéologie nord-coréenne : le juche
(© 2010 / N. Levi)

La famille des Kims doit aussi faire face à un défi générationnel. Depuis une dizaine d’années, de plus en plus de leaders nord-coréens envoient leur enfants effectuer des études économiques et d’architecture à l’étranger (notamment en Autriche, France, Grande Bretagne et certains étudient aux Etats-Unis sous le couvert de faux passeports !). Si cette jeunesse dorée liée bien entendu à la famille des Kims et aux familles évoquées ci-dessus, souhaite s’enrichir et faire par la même changer leur pays, quelle peut-être le futur de la Corée du Nord ? La réponse à cette question est difficile à donner car d’une part le régime nord-coréen continue de maintenir un système politique vieux de près de 65 ans mais d’autre part une nouvelle génération de leaders nord-coréens (par exemple Paek Ryong Chon, directeur de la Banque Centrale nord-coréenne, ancien étudiant en Chine et fils de Paek Nam Sun, ancien ministre nord-coréen des affaires étrangères) souhaite s’enrichir et cela devra passer forcément par des changements au sein du système nord-coréen, plus explicitement des réformes tangibles devront être mises en place

En conclusion, la famille des Kims, qui a vu son cercle s’élargir avec l’avènement de membres honoraires et l’éviction de certains proches, doit faire face à des changements internes en Corée du Nord. La famille des Kims doit aussi prendre en compte les changements générationnels qui s’opèrent chez ses partenaires étrangers (je pense tout particulièrement aux élites chinoises qui s’opposent de plus en plus à la politique défiante de Pyongyang) et qui peuvent affecter le future des relations entre la Corée du Nord et ses partenaires étrangers. Les changements qui ont été indiqués dans ce texte signifient que le “leadership” nord-coréen est conscient des changements nécessaires mais que ceux-ci doivent éviter toute remise en cause du système politique nord-coréen.

Nicolas Levi est chercheur en sciences politiques et économiques
au sein du Centre de Recherches sur le Confucianisme Contemporain
au sein de l’Institut des Cultures Orientales et Méditerranéennes (www.iksio.pan.pl)
de l’Académie Polonaise des Sciences
et enseignant à l’Université d’Economie Interrégionale Alcide de Gasperi à Varsovie.

Il a consacré une thèse de doctorat sur les élites nord-coréennes actuellement au pouvoir.
Le site de Nicolas Levi présente des travaux de recherches consacrées aux élites nord-coréennes
et à l’économie de la Corée du Nord : https://nkreports.wordpress.com/


ANNEXE 1

Membres choisis de la famille des Kim

Personnalité Rôle Relation généalogique par rapport à Kim Jong-eun
Kang Sok-ju Vice premier ministre Cousin germain
Kim Jong-chol Conseiller de Kim Jong-eun Demi-frère
Kim Jong-nam Conseiller en investissements en Corée du Nord Demi-frère
Kim Kwang-sop Ambassadeur de la Corée du Nord en Autriche Oncle
Kim Pyong-il Ambassadeur de la Corée du Nord en Pologne Oncle
Kim Sul-song Directrice de sociétés Demi-sœur
Kim Yong-chun Directeur de la Garde des Paysans Travailleurs Rouges Grand oncle
Kim Yong-nam Chef d’état officiel de la Corée du Nord Cousin germain
Paek Se-bong Directeur du Second Comité Economique Cousin germain
Yang Hyong-sop Secrétaire de l’Assemblée Populaire Suprême Cousin germain

 

Le texte a été initalement publié sur ke site de Réseau Asie & Pacifique, une association qui cherche à  créer des liens entre des chercheurs francais et asiatiques.

Ro Tu Chol le libéral ou la marionnette ?

Mercredi  6 novembre, Ro Tu Chol a fait un discours concernant la gestion de sociétés. Lors de celui-ci, le vice premier ministre nord-coréen a voulut indiquer que les gouvernements régionaux auront le droit de générer des profits et de gérer indépendamment leur budgets. Peut-on donc conclure que Ro Tu Chol cherche à décentraliser certains éléments de l’économie nord-coréenne ? A court terme probablement oui mais à long terme il est difficile de tirer des conclusions. On peut remarquer cependant que Ro Tu Chol et Pak Pong Ju continue de mener une politique économique courageuse ce qui est différent de ce qui se passa lors de l’ère Kim Jong Il. Selon certaines sources chinoises proches du leadership nord-coréen, la politique de Ro Tu Chol et de Pak Pong Ju est à mettre en relation aux nouvelles directives du PTC qui ont été rédigés en personne par Kim Jong Eun. Pak Pong Ju et Ro Tu Chol possède également des connections au sein de l’armée populaire de Corée (l’armée nord-coréenne) et d’expériences professionnelles dans la gestion d’unités économiques qui étaient sous le contrôle des militaires de la RPDC.

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Ro Tu Chol (à droite sur l’illustration) – source de l’illustration: parksangkwon.com

Est ce que la France devrait ouvrir une ambassade en Corée du Nord ?

A l’image du village irréductible des gaulois qui résistait à l’oppresseur romain, la France est l’un des derniers pays de l’Union Européenne qui ne possède pas d’ambassades en Corée du Nord ? Il y’a un an les français ont ouvert à a va-vite un centre culturel français à Pyongyang.

Est-ce une bonne chose donc de faire un pas de plus à l’heure ou la Corée du Nord évolue péniblement mais surement vers un nouveau système économique et ou la diplomatie française en Asie s’estompe ?

Prenant en compte, l’historique des relations franco-nord-coréennes* , les affinités entre François Mitterrand et la Corée du Nord, les envies de certains diplomates français à travailler à Pyongyang, le centre culturel français de Pyongyang, les nombreux français expatriés à Pyongyang, il semblerait que l’ouverture d’une ambassade serait proche et pourtant…

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Toujours pas d’ambassadeur français à Pyongyang. Cela est probablement du à une certaine stratégie et vision de Bercy qui considère que la Corée du Nord ne rentre pas dans sa ligne de mire. On peut considérer cela comme logique car même si la Corée du Nord dispose de matières premières et d’un marché interne en attentes de produits étrangers. En effet la France n’a pas réellement besoin des matières premières nord-coréennes (quoique la France ait des idées et la Corée du Nord du pétrole..) et le marché interne nord-coréen commence à être envahi par des produits chinois et par des produits ennemis de la Corée du Nord (Corée du Sud et Japon). Peut-être la France devrait trouver d’autres raisons d’investir en Corée du Nord. Par exemple étudier finement les minerais disponibles du coté de Pyongyang qui sont réellement nécessaire au développement français. En échange la France a beaucoup à offrir à la Corée du Nord : un savoir-faire, un système éducatif hors pair (les écoles françaises sont prestigieuses et ce sont déjà de nombreux nord-coréens qui étudient en France notamment en facultés d’architecture et citons aussi le fils du demi-frère de Kim Jong Eun qui effectue un cursus en sciences politiques (et tourné vers l’Asie) à Sciences Po Le Havre. La Corée du Nord possède aussi d’une délégation à Paris ou travaillent de nombreuses personnes très affiliés aux élites et donc aux sociétés nord-coréennes. Personnellement je pense que la France devrait avoir une ambassade en Corée du Nord. En effet celle-ci permettrait d’assurer aux investisseurs francais qui souhaiteraient se basés en Corée du Nord d’avoir du soutien. Par alors celle-ci pourrait mieux encadrer les activités limitées du centre culturel français de Pyongyang. Je serais presque prêt à penser que de nombreux investisseurs français ne sont pas présent du coté de Pyongyang car elle ne dispose pas d’une équipe diplomatique française sur place. Nous entrons donc dans un cercle vicieux et un tunnel qui mériterait de se finir…

* Nicolas Levi, France and North Korea : odd partners, « SinoNK.com », 3 mai 2012 .

Processus informationnel et Corée du Nord: étude de cas du décès de l’ancienne petite amie de Kim Jong Eun

Comme à leur habitude, les médias ne cessent de déformer la réalité en fournissant des informations qui ne sont pas justes ou qui sont déformés. Dans le cas de Hyun Song Wol, l’ancienne petite amie de Kim Jong Eun, les informations que nous avons reçu sont probablement (mais pas forcément) fausses.

Prenons le cas de Hyun Song Wol, l’ancienne petite amie de Kim Jong Eun.

Une information A a été obtenue de la Corée du Nord

a

Celle-ci a probablement eu la tonalité suivante : une personne du groupe Unhasu a disparu. Les médias ont cherché à en savoir plus. La source (si basée en Corée du Nord) réponds lentement (généralement les nord-coréens répondent lentement aux requêtes étrangères) et sait qu’elle ne peut en dire trop par voie électronique. Si la source est basée en Chine, alors celle-ci peut-être considérée comme douteuse, dans la mesure où elle n’est pas directement basée en Corée du Nord. Cependant dans ce cas, le flux d’information entre les médias et cette source est nettement plus rapide (pas de problèmes concernant l’accès à Internet en Chine) mais moins sur. 

b

Une analyse similaire a été faite par mon collègue Andray Abrahamian dans laquelle il évoque l’approche « scientifique » d’un journaliste britannique dans un texte diffusé ici

Les médias en question cherchent alors à en savoir plus, et la selon l’imagination et les motivations de l’auteur, les informations sont soient inventés, soit modifiées soit « retravaillées ». Il en ressort alors une information B qui n’a gardé qu’un seul élément réel originaire de la source dans ce cas le fait que « quelqu’un de proche de Kim Jong Eun manque à l’appel dans l’orchestre Unhasu.

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Peut importe la vérité, ce qui compte surtout  court terme, ce sont les réunions familiales entre des nord et des sud-coréens ainsi que le sort de la population nord-coréenne. 

Des francais au 28eme camp international Songdowon pour enfants

Lors du 28eme camp international Songdowon pour enfants dans la ville de Wonsan (le 5 aout 2013), se sont rencontrés des enfants venant de Chine, Russie, Mongolie, Vietnam et France. Dans le passé la CGT et la CFDT organisaient des voyages en Corée pour fils de syndiqués : comment se sont donc retrouvés des enfants français en Corée du Nord, sachant également qu’il n’y a pas d’ambassades française à Pyongyang. Seraient-ce des enfants d’employés français en Corée du Nord ? Est-ce que la Corée du Nord cherche à montrer que malgré l’absence de relations diplomatiques avec la France et bien malgré tout des français sont présents en Corée du Nord ?

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Source: Agence Yonhap

Kim Jong Eun chez les arabes

La Chine est effectivement le principal partenaire de la Corée du Nord. Cependant considéré que la Corée du Nord est uniquement dépendante de la Chine reste quelque chose de faux. Le second véritable partenaire de la Corée du Nord est constitue par les partenaires arabes. Je suis prêt à considérer que Kim Jong Eun serait capable de rendre visite aux émirs arabes! Les émirats investissent en Corée du Nord et pas seulement depuis 3 ans.

Pourquoi ?

Comme vous l’avez probablement lu, la Corée du Nord dispose de certaines matières premières, on peut parler même d’eldorado de matières premières! Ces même émirs (ou arabes de manière plus générale) soutiennent efficacement le développement de la Corée du Nord. Comme vous le savez probablement, le réseau de téléphonie mobile nord-coréen fut installé par la société égyptienne Orascom. Ce que vous ne savez pas c’est que des outils d’extraction pétrolifères viennent directement des Emirats Arabes Unis.

Ces même nord-coréens coopèrent également avec leurs amis arabes dans le cadre de la formation d’ingénieurs nord-coréens. Evoquons aussi la coopération militaire entre les nord-coréens et l’Iran, Israël, la Syrie, le partenariat stratégique signe entre la Corée du Nord et les Emirats Arabes Unis, les nombreux travailleurs nord-coréens basés depuis de nombreuses années à Dubaï,…à titre de symbole constructif, citons la visite de Ri Myong San (un réformateur de l’économie nord-coréenne) et vice-ministre nord-coréen du Commerce extérieur s’est rendue en Egypte le tout constitue une prévue que la Corée du Nord n’est pas uniquement tourne vers le voisin chinois mais aussi vers des horizons lointains.

Ne l’oublions pas, la Corée du Nord, c’est un marché de 25 millions de personnes à satisfaire! Des idées pour nos sociétés exportatrices ? Peugeot en Corée du Nord ? Pourquoi pas!

rms

Ri Myong San en Egypte (juillet 2013)

Le tout confirme l’absence de surprise en lisant les premières informations nord-coréennes délivrées par l’agence de presse nord-coréenne KCNA du 24 février 2013:

Greetings to Emir of Kuwait

Pyongyang, February 24 (KCNA) — Kim Yong Nam, president of the Presidium of the DPRK Supreme People’s Assembly, Sunday sent a message of greeting to Sheikh Sabah Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah, emir of Kuwait, on the occasions of the 52nd anniversary of its independence and the 22nd anniversary of its liberation.
He expressed belief that the good relations of friendship and cooperation between the two countries would steadily grow in the future, too, and sincerely wished the emir and the people of Kuwait greater success in the work for the prosperity of the country.