Décès de Ri Ul-sol, maréchal de l’armée nord-coréenne

A l’âge de 94 ans est décédé Ri Ul-sol, un ancien maréchal de l’APC. Ri Ul-sol était très proche de la famille des Kims. Ri Ul-sol est décédé suite à un cancer de la gorge et après un « long traitement » selon le quotidien nord-coréen « Rodong Sinmun ». Ri Ul-sol était également un des tuteurs de Kim Jong-il dans sa jeunesse dans le domaine militaire. Les descendants de Ri Ul-sol sont des hommes d’affaires en Corée du Nord. Certains d’entre eux sont à la tête de sociétés nord-coréennes (par exemple la société Sungri Trading Corporation).

Après une formation en Corée du Nord, Ri Ul-sol a été entre autre membre de la Commission Militaire Centrale de 1980 à 2010. Entre 1990 et 2003, il était membre de la Commission de Défense Nationale. Ces dernières années, il était de moins en moins présent sur la scène politique. Ri Ul-sol était également paralysé au niveau de ses jambes.

Ses obsèques auront lieu le 11 novembre 2015.

Analyse des personnalités nord-coréennes présentes aux festivités des 70 ans du Parti du Travail Coréen

N’ayant pas fait parti des convives du 70ème  anniversaire de la formation du Parti du Travail Coréen (le Parti Communiste nord-coréen), j’ai du me contenter de regarder les 2 heures 171 minutes des festivités via la télévision russe.

En ce 10 octobre 2015, Le temps était radieux à Pyongyang. De nombreuses délégations étrangères qui ont du financer partiellement leur séjour en Corée du Nord ont du être surprises par l’aspect symbolique des cérémonies. Cependant en observant l’événement, l’observateur avertit a put noter la présence de revenants du Parti du Travail Coréen (le Parti Communiste nord-coréen) et de l’Armée Populaire de Corée.

Par souci de clarté, definissons le concept de revenant. De manière régulière, les médias (y compris moi-même) nous informent de la « disparition » d’élites nord-coréennes. Ces médias commettent une erreur « fatale » qui a pour origine une incompréhension partielle de la nature du régime nord-coréen. Sans en revenir aux détails, il existe en Corée du Nord un système de « rotation d’élites » qui fait que les élites nord-coréennes changent de postes politiques de manière régulière afin que celles-ci ne puissent créer de factions au sein de l’organisation principales à laquelle ceux-ci sont attachés. C’est pourquoi, de manière régulière, les « valets » de Kim Jong-eun disparaissent de la scène politique et réapparraissent quelques mois ou années plus tard. Le dernier disparu réapparu est Ma Won-chun (j’avais prédis dans le passé que celui-ci allait revenir sur les devants de la scène politique nord-coréenne).

Certaines de ces élites qui disparaissent héritent soit de fonctions symboliques (comme Ri Yong-mu, Kim Yong-ju), soit de fonctions importantes mais de second degré (comme Kim Jong-gak, l’ancien directeur du bureau politique de l’armée devenu recteur de l’Académie Militaire Kim Il-sung), soit des fonctions importantes mais cachées (par exemple dans des sociétés de commerce international, dans des départements du PTC). Quelle conclusion peut-on tirer ? Nous pouvons donc en déduire que les cérémonies officielles constituent un moment idéal pour voir si ces élites sont revenus dans le cercle des plus proches de Kim Jong-eun. Ajoutons à cela que l’origine de cette rotation des postes (que j’ai décris de manière plus approfondi dans un texte de ma plume pour le site anglophone sinonk.com) est soviétique et est appliqué depuis la formation du système politique en Union Soviétique.

Les festivités du 70ème anniversaire du PTC ont donc été un moment important pour déterminer les retours éventuels de certaines élites. On a pu y observer des retours surprenants comme le montre l’analyse en image suivante.

Photographies et commentaires

Hwang Pyong-so (1), Kim Jong-eun (2), Liu Yushan (3), Kim Ki-nam (4), Choe Ryong-hae (5), Choe Thae-bok (6), Kim Yang-gon (7), Pak Pong-ju (8), O Su-yong (9), Kim Pyong-phae (10)
Hwang Pyong-so (1), Kim Jong-eun (2), Liu Yushan (3), Kim Ki-nam (4), Choe Ryong-hae (5), Choe Thae-bok (6), Kim Yang-gon (7), Pak Pong-ju (8), O Su-yong (9), Kim Pyong-phae (10)
Kim Jong-gak
Kim Jong-gak (1), Ri Pyong-sam (2), Ri Myong-su (3). Certains croyaient Kim Jong-gak pour mort.
Kim Yo-jong
Kim Yo-jong (en vert). La soeur cadette de Kim Jong-eun
Kim Yong-chol
Kim Yong-chol, responsable du bureau de la reconnaissance de l’APC. Responsable de l’attaque de Cheonan. Un dur de l’APC.

Conclusions choisies

  • A droite de Kim Jong-eun on a pu symboliquement remarquer la présence du Secrétaire du Département de la Propagande du Parti Communiste chinois Liu Yushan. Ceci est purement symbolique. Les relations entre les deux pays sont exécrables et « grosso modo » se limitent aux investissements de sociétés privées chinoises en Coré du Nord.
  • Pas de russes aux côtés de Kim Jong-eun. Pour une raison très simple. Kim Jong-eun (et ses conseillers) voulait recadre les relations entre la Corée du Nord et la Russie et les mettant au second plan.
  • On peut penser qu’un changement de premier ministre en Corée aura lieu, Pak Pong-ju semble être très affaibli. De nombreuses personnalités nord-coréennes souffrent de divers troubles de santé. Par exemple Kang Sok-ju (le vice ministre des affaires étrangères, un des plus proches de Kim Jong-eun) souffre d’un cancer. D’autres anciennes élites nord-coréennes semblent également souffrir (par exemple Kim Ki-nam né en 1929) ou Choe Thae-bok (né en 1930). Le seul qui semble maintenir la route est Kim Yang-gon (responsable des relations avec la Corée du Sud), Hwang Pyong-so (un pantin politique directeur du Bureau Politique de l’APC – à noter celui-ci porte soit des lentilles soit s’est fait opérer des yeux, depuis fort longtemps il ne porte plus de lunettes – « est-ce un signe de modernité » ?) ainsi que Choe Ryong-hae (maréchal de l’APC).
  • Il y’a de nombreux absents invisibles à l’ecran (comme O Il-jong, que j’attendais proche de Kim Jong-eun, comme Ma Won-chun l’architecte de Kim Jong-eun,…).

Pour une analyse approfondie de ces festivités, contacter moi via nicolas_levi@yahoo.fr

Dans le cadre d’un concert du groupe Moranbong, Kim Yo Jong, la soeur cadette de Kim Jong Eun est réapparue.

Lors d’un concert du groupe musical Moranbong, Kim Jong Eun n’était pas uniquement entouré de militaires suivants (comme Kim Won Hong et Choe Ryong Hae) mais également de sa sœur cadette : Kim Yo Jong. Comment analyser ces réapparitions ? Elles sont dues à la volonté des organes de propagande de la RPDC de démontrer que Kim Jong Eun ne gère pas seule les affaires de son pays. Kim Yo Jong est également sensée radoucir l’image de Kim Jong Eun. Veuillez noter que dans un même temps la Corée du Nord effectue des tirs de missiles à courte portée(le tout dans le contexte difficile imposé par le président russe : Vladimir Poutine). Je tiens aussi à faire remarquer que la personnalité de Kim Jong Nam (demi frère de Kim Jong Eun) est de plus en plus mal vu à Pyongyang. Le pourvoir en RPDC se recentrerait alors autour des proches biologiques de Kim Jong Eun ?

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Le concert en question (illustrations en provenance de l’agence de presse de Corée du Sud: Yonhap News)

Le bureau 54 : de là est partie la purge de Jang Sung Thaek ?

Le bureau 54 était à la base une institution qui était sous le contrôle de Jang Sung Thaek. La marionnette de Jang Sung Thaek au sein de ce bureau n’était d’autre que Jang Su Kil, décédé en novembre 2013. Le bureau 54 était responsable de l’approvisionnement de l’APC en essences et autres matières premières. Le responsable du parti à la tête du bureau 54 était Ri Yong Ha.

Continue reading “Le bureau 54 : de là est partie la purge de Jang Sung Thaek ?”

Why nothing happened to Choe Ryong Hae ?

Recently, South Korean medias, announced that Choe Ryong Hae, the director of the powerful Political Bureau of the Korean Peopleąs Armz disappeared from the Political Scene. According to other sources, it rather seems that Choe Ryong Hae is alive, he’s however out of the scene for systemic reasons.

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Choe Ryong Hae

First overall, those who are the most important in the North Korean system are people who are very often unknown. I’m thinking to persons belonging to the Personnal Secretariat of Kim Jong Eun and to the Deputy Directors of 3 departments:

– The Organization and Leadership Department

– The Propaganda and Agitation Department

– The Military Affairs Department

What I mean ? I do believe that important persons in the DPRK are not always on the top of the screen. Therefore it may means that Choe Ryong Hae may continue to play a role from behind.

I do also firmly believe that the core DPRK elites are switching their positions by rotation. Observing the DPRK leadership (such as Kwak Pom Gi), it can be noticed that people are very often changing their positions. It’s done not only to weak their positions in some structures but also in order to increase their competencies. The previous mentioned Kwak Pom Gi was a manager of companies, a former KWP regional secretariat and currently he’s one of the key economists of the DPRK, I may also quote of of my favorite DPRK elites who is rarely seen: O Su Yong. O Su Yong is rarely seen in public but he’s one of the tenors of the DPRK economy.

o su yong

O Su Yong

I also think that the fact  that Choe Ryong Hae is not visible is also a measure of the Propaganda Department which want to enlight/reinforce the position of Kim Jong Eun as a key leader of the DPRK. The absence of Choe Ryong Hae  is underlining the power of the 32 years old Kim Jong Eun.

In a few words: Choe Ryong Hae is safe: don’t worry:)

Yongusil 25: Nicolas Levi and New DPRK Analysis from the Polish Academy of Sciences

This article was prepared by colleagues from Sinonk.com, a major platform for research on NK issues.

ommentators and analysts whose focus is north of the DMZ are kept mightily busy by their investigative and research charge, a truth especially so in recent months. Nicolas Levi, a long-time associate of and contributor to Sino-NK, and currently an Assistant Professor of the Polish Academy of Sciences, has been one of those kept working by the latest activities in Pyongyang. Levi’s interests are wider than simply the field of contemporary North Korean politics, extending into philosophic and structural contribution made to society and culture in the wider Korean Peninsula.

Levi’s policy paper for The Polish Institute of International Affairs entitled “Insanity or Part of a Plan? Prospects for Changes to North Korean Domestic and Foreign Policies” refers to Hazel Smith’s conceptualization of the analytic triad: North Korea as “mad, sad or rational actor“  Levi’s well structured review and coagulation of themes in contemporary systems and political scholarship is therefore well grounded theoretically.

Primarily Dr. Levi seeks to place the developing themes of economic and developmental reform within North Korea’s institutions in the wider frame of institutional developmental, especially post-Jang. Levi sees, intriguingly, the consolidation of power around the person and institution of Kim Jong-un in his initial years of reign as a diminution of the power, place and authority of the Korean People’s Army and the wider institutional complex of the North Korean military.

Levi’s analysis might also feed into the direction of last week’s Yongusil focusing on Green and Denney’s utilization of Peter Evan’s “pockets of efficiency” within a North Korean developmental context. We might see Jang’s death and the inevitable collapse in its wake of those “pockets of efficiency” controlled by him or his connected cohort as a reassertion of military control over those pockets, those institutions forming them and the streams of trade and capital around which they were constructed.

Levi also raises the issue of North Korean foreign policy and how this diminution of military influence within its governmental and developmental institutions might relate to the Special Economic Zones such as Kaesong and Rason, the majority of which are connected, at least in terms of their supply lines to external/foreign partners.

Levi posits the possibility that a pre-Jang reduction in military authority might give Kim Jong-un and the North Korean leadership apparatus some scope for loosening to reducing the level of hostility it exposes foreign nations to in its media and official narratives and perhaps some possibility for diplomatic breakthroughs. Dr. Levi sets out his framework for diplomatic action and engagement given this context, but it will be fascinating to watch the impact of the collapse of Jang’s ‘faction’ or support network on Pyongyang’s future relations with those with whom it engaged.

Nicolas Levi has also contributed a more trans-peninsular and East Asian analysis of the impact of Confucianism on contemporary South Korean and Japanese culture to the latest edition of the Polish Academy of Sciences’ Journal Acta Asiatica Varsoviensia. In his article for this journal, Levi tracks the impact of Confucian filial principles in the modern age on the differing nationalisms either side of the East Sea/Sea of Japan. The same issue also includes work from the esteemed Russian academic Larisa Zabrovskaia (a member of the Institute of History, Archaeology and Ethnography of the People of the Far East, Far Eastern Branch of the Russian Academy of Sciences, Vladivostok, whose work we have covered before at the Yongusil) writing on diplomatic relations in East Asian following the Fukushima incident and Frauka Kempka (of Martin Luther University, Halle Wittenberg), on the contrasting conceptions of ethnic homogeneity between Germany and East Asian nations. It seems that Levi (and others’ work), is representative of a vibrant and multi-focused Polish academy, busy, as usual at analysis and investigation.

Remplacements économiques / changements ministériels en Corée du Nord

L’économie nord-coréenne était sous le contrôle de la famille des Jang et tout particulièrement de sociétés qui étaient affiliées au Ministère de l’Administration. Certaines d’entre elles étaient tout particulièrement dans le domaine des mines et de l’industrie des matières premières. Cela peut probablement expliqué le fait suivant

La quantité de charbon exporté entre la Corée du Nord et la Chine a été multipliée par 4 (voire 5) entre le début des années 2000 en passant de 2-3 millions de tonnes à plus de 10 millions en 2011. Cet accroissement des exportations aurait été partiellement du à la politique prochinoise de Jang Sung Thaek. Sa dénomination risque de changer le cap de ces échanges.

C’est donc pourquoi afin de reprendre la main dessus, Kim Jong Eun en coopération avec Choe Yong Rim et du cercle des anciens généraux ont décidé de faire démissionner les personnalités responsables de certaines activités des matières premières. A noter cependant : tous n’ont pas été démissionnés (je pense tout particulièrement à Jon Sung Hun, un économiste nord-coréen).

Les remplacements economiques du cabinet ministériel.

Han Hyo Yon

Ancien ministre de l’industrie des métaux: il a été remplacé par Kim Yong Gwang en tout début janvier.

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Kim Yong Kwang

 Kang Min Chol

Kang Min Chol, Le ministre nord-coréen de l’industrie minière a été remplacé par Ri Hak Chol en début janvier 2014. Kang Min Chol appartenait au réseau de patronage de Jang Sung Thaek. Kang Min Chol occupait ce poste depuis novembre 2005. Veuillez noter que bien que Kang ait été un proche de Jang Sung Thaek, il occupait son poste lors de la période d’exil de Jang (2004-2007).  Ri Hak Chol a souvent voyagé en Europe et est un homme d’affaire nord-coréen. Kang Min Chol a été arrêté.

Kim Yong Ho

Ancien secrétaire du Cabinet ministériel: il a été remplacé par Kim Jong Ha.

Rim Nam Su

Rim Nam Su, ancien ministre de l’industrie du Charbon a été remplacé par Mun Myong Hak. Celui-ci a été présenté lors d’un anniversaire au Complexe Minier de Pukchang (partie septentrionale de la Corée du Nord).